Lorsqu’un serveur arrive au terme de sa garantie constructeur, les entreprises disposent de plusieurs possibilités : renouveler immédiatement le matériel, prolonger le contrat constructeur lorsqu’une option existe, ou faire appel à un spécialiste de la tierce maintenance informatique.
Cette dernière solution, appelée TPM pour Third Party Maintenance, permet de maintenir certains équipements informatiques au-delà de leur période de garantie initiale.
Qu’est-ce que la tierce maintenance ?
La tierce maintenance consiste à confier la maintenance d’un équipement informatique à une société indépendante du constructeur.
Le prestataire prend généralement en charge le diagnostic des pannes matérielles, la fourniture des pièces et les interventions nécessaires selon le niveau de service prévu au contrat.
Le service peut concerner plusieurs marques et générations de matériel.
Cette indépendance constitue l’une des principales différences avec une maintenance constructeur.
Pourquoi choisir une maintenance tierce ?
Plusieurs situations peuvent justifier le recours à une TPM.
1. Le serveur fonctionne encore parfaitement
Une entreprise peut disposer d’un serveur âgé de plusieurs années mais parfaitement adapté à ses besoins.
Le remplacer uniquement parce que la garantie constructeur est terminée peut représenter une dépense importante.
2. Le coût du renouvellement est élevé
Le remplacement d’un serveur implique rarement uniquement l’achat du matériel.
Il peut également nécessiter :
- migration ;
- installation ;
- configuration ;
- licences ;
- prestations techniques ;
- interruption planifiée ;
- adaptation des applications.
3. L’équipement est arrivé en EOSL
EOSL signifie généralement End of Service Life.
Il correspond à la fin du support ou des services proposés par le constructeur pour un équipement donné.
Un équipement EOSL peut néanmoins continuer à fonctionner et, selon son éligibilité, être pris en charge par un mainteneur tiers.
TPM contre maintenance constructeur
Les deux modèles répondent à des besoins différents.
| Maintenance constructeur | Tierce maintenance |
|---|---|
| Support de la marque | Support indépendant |
| Souvent limité au catalogue constructeur | Approche multi-constructeurs possible |
| Contrats liés aux politiques du constructeur | SLA définis avec le mainteneur |
| Renouvellement souvent privilégié | Prolongation possible du matériel |
| Pièces constructeur | Pièces constructeur, compatibles ou reconditionnées selon contrat |
Le choix dépend donc du niveau de service recherché, de l’âge du matériel, de son importance et de la stratégie informatique de l’entreprise.
Quels équipements peuvent être concernés ?
Selon le prestataire et le contrat, la tierce maintenance peut couvrir :
- serveurs ;
- baies de stockage ;
- équipements réseau ;
- systèmes de sauvegarde ;
- composants spécifiques d’infrastructure.
La couverture exacte doit être vérifiée équipement par équipement.
Quel SLA choisir ?
Le SLA, ou Service Level Agreement, définit les engagements de service.
Il peut notamment préciser :
- les horaires de couverture ;
- le délai de prise en compte ;
- le délai d’intervention ;
- le délai de remplacement des pièces ;
- les modalités d’escalade ;
- les conditions d’intervention sur site.
Pour une infrastructure non critique, un contrat 8×5 peut être suffisant.
Pour une infrastructure fonctionnant en permanence, un SLA 24×7 peut être nécessaire.
La disponibilité des pièces : un élément essentiel
La valeur d’une maintenance serveur ne repose pas uniquement sur la disponibilité d’un technicien.
Lorsqu’un composant tombe en panne, il faut également pouvoir obtenir rapidement la bonne pièce.
C’est pourquoi un contrat TPM doit préciser les modalités de gestion des pièces :
- stock régional ;
- stock local ;
- pièces disponibles sur commande ;
- pièces neuves ;
- pièces reconditionnées ;
- pièces compatibles.
Plus le serveur est ancien, plus cette question devient importante.
Une stratégie intéressante pour les infrastructures hétérogènes
Les entreprises possèdent parfois des infrastructures composées de plusieurs générations de serveurs et de plusieurs marques.
Une maintenance multi-constructeur peut alors simplifier la gestion du parc.
Au lieu de gérer plusieurs contrats et interlocuteurs, l’entreprise peut centraliser une partie de sa maintenance auprès d’un prestataire spécialisé.
La TPM n’est pas adaptée à tous les serveurs
La tierce maintenance doit être étudiée au cas par cas.
Pour certains équipements très anciens, certaines pièces peuvent devenir difficiles à obtenir.
Pour d’autres infrastructures, le remplacement peut être plus pertinent en raison des performances, de la consommation énergétique ou des contraintes logicielles.
La bonne question n’est donc pas :
« Mon serveur est-il ancien ? »
Mais plutôt :
« Est-il encore pertinent de le conserver ? »
Conclusion
La tierce maintenance serveur constitue une alternative intéressante à un renouvellement systématique.
Elle permet d’envisager une stratégie différente : prolonger la durée de vie des équipements lorsque leur état, leurs performances et les besoins de l’entreprise le permettent.
Avant toute décision, un audit du parc permet de comparer objectivement le coût et les risques d’un renouvellement avec ceux d’une prolongation de maintenance.
FAQ
TPM signifie quoi ?
TPM signifie Third Party Maintenance, ou tierce maintenance.
Une TPM est-elle réservée aux grands datacenters ?
Non. Des contrats adaptés peuvent également être proposés aux PME disposant de quelques serveurs.
Peut-on maintenir plusieurs marques avec un seul contrat ?
Oui, certains prestataires proposent une maintenance multi-constructeur.
La TPM couvre-t-elle les logiciels ?
Cela dépend du contrat. Une offre de maintenance matérielle couvre principalement les équipements physiques.