Votre serveur vient de sortir de garantie et votre fournisseur vous recommande déjà son remplacement ?
Avant de commander un nouvel équipement, il peut être utile de réaliser une analyse plus complète.
La fin de garantie constitue une échéance contractuelle, pas nécessairement une échéance technique.
Dans de nombreuses situations, un serveur hors garantie peut encore répondre aux besoins de l’entreprise pendant plusieurs années.
Hors garantie ne signifie pas hors service
La garantie constructeur définit principalement les conditions dans lesquelles le fabricant s’engage à assurer un service.
Elle ne détermine pas automatiquement la durée de fonctionnement physique du serveur.
Un équipement peut donc être :
- hors garantie ;
- ancien ;
- toujours performant ;
- parfaitement adapté aux applications utilisées.
Il faut donc distinguer âge du serveur et pertinence du serveur.
Les 6 questions à se poser avant de remplacer un serveur
1. Le serveur répond-il encore aux besoins ?
Si le processeur, la mémoire et le stockage répondent aux besoins des applications, un renouvellement immédiat n’est pas forcément nécessaire.
2. Quel est son niveau de criticité ?
Un serveur de fichiers secondaire n’a pas le même niveau d’exigence qu’un serveur hébergeant une application métier essentielle.
3. Les pièces sont-elles encore disponibles ?
C’est l’un des critères essentiels.
Plus un serveur vieillit, plus il est important de vérifier la disponibilité des composants.
4. Quel est son état matériel ?
Un audit peut permettre d’identifier certains composants présentant un risque particulier.
5. Quel est son statut constructeur ?
Il faut notamment vérifier :
- fin de commercialisation ;
- fin de support ;
- EOSL ;
- disponibilité des pièces.
6. Quel est le coût d’un renouvellement complet ?
Il faut comparer le coût du nouveau serveur avec celui de la prolongation de maintenance.
Le coût caché d’un renouvellement
Changer de serveur peut sembler simple.
En pratique, une migration peut impliquer :
Nouveau serveur → installation → configuration → migration → tests → licences → sauvegardes → bascule → documentation
Le coût total peut donc être sensiblement supérieur au prix du serveur lui-même.
L’option de la tierce maintenance
Une TPM peut permettre de conserver le matériel existant tout en bénéficiant d’un dispositif de maintenance.
Selon le contrat :
- une panne est diagnostiquée ;
- la pièce défectueuse est identifiée ;
- la pièce est expédiée ;
- un technicien intervient si nécessaire ;
- le serveur est remis en service.
L’objectif est de maintenir l’équipement opérationnel aussi longtemps qu’il reste pertinent.
Et si le serveur est très ancien ?
La maintenance n’est pas toujours la bonne solution.
Certains critères peuvent justifier un renouvellement :
- performances insuffisantes ;
- consommation énergétique importante ;
- absence de pièces ;
- risques matériels élevés ;
- incompatibilité avec les logiciels récents ;
- absence de support des technologies nécessaires ;
- impossibilité de respecter les exigences de sécurité.
La prolongation doit donc être une décision raisonnée.
Le bon indicateur : le coût total de possession
Le TCO, ou Total Cost of Ownership, permet de comparer plusieurs scénarios.
Scénario A : remplacement
Achat + migration + licences + installation + interruption + maintenance
Scénario B : prolongation
Maintenance + éventuelles pièces + éventuelles évolutions
Cette comparaison permet d’éviter une décision basée uniquement sur le prix d’achat du nouveau serveur.
Exemple
Une PME possède un serveur utilisé principalement pour la gestion de fichiers et quelques applications internes.
Le serveur fonctionne correctement mais sa garantie vient d’expirer.
Trois scénarios peuvent être étudiés :
Scénario 1 : renouvellement immédiat.
Scénario 2 : maintenance tierce pendant 24 mois.
Scénario 3 : maintenance pendant 12 mois avec préparation progressive du renouvellement.
Le troisième scénario peut notamment permettre de répartir l’investissement dans le temps.
Une stratégie hybride
La meilleure stratégie n’est pas nécessairement « conserver » ou « remplacer ».
Une entreprise peut décider de :
- maintenir certains serveurs ;
- remplacer les équipements critiques ;
- upgrader la mémoire ;
- augmenter le stockage ;
- renouveler progressivement le parc.
Cette approche permet de construire une véritable stratégie de cycle de vie informatique.
Conclusion
Un serveur hors garantie mérite une analyse avant toute décision de remplacement.
Garantie terminée ≠ serveur obsolète.
L’état matériel, les performances, la disponibilité des pièces, le niveau de criticité et le coût du renouvellement doivent être pris en compte.
La tierce maintenance serveur constitue alors une option permettant de prolonger la durée de vie de certains équipements tout en préparant leur renouvellement dans de meilleures conditions.
FAQ
Que faire lorsqu’un serveur n’est plus sous garantie ?
Commencer par évaluer son état, sa criticité, son statut constructeur et la disponibilité des pièces.
Un serveur hors garantie peut-il encore être maintenu ?
Oui, sous réserve de son éligibilité auprès du prestataire et de la disponibilité des pièces.
Est-il toujours moins cher de conserver un ancien serveur ?
Pas nécessairement. Il faut comparer le coût de maintenance et les risques avec le coût global du renouvellement.
Peut-on upgrader un serveur ancien ?
Oui, lorsque la plateforme le permet et que les composants nécessaires sont disponibles.